Transitionner vers une nouvelle identité : embracing Marieshka

Alors oui, les titres en anglais. L’anglais tout le temps en bout de phrase, en milieu de phrase et en début de phrase, l’anglais dans les spaghettis bolognaise. Si j’arrête de me juger cinq minutes, je cesse de penser que je vais paraître prétentieuse aux yeux du monde. Mais je n’en suis pas encore tout à fait là pour l’instant. Donc les phrases en anglais, tout le temps. Je ne sais pas si c’est confusionnant pour le lecteur/la lectrice mais c’est juste que c’est les mots qui me semblent évidents et pertinents dans l’immédiat. Souvent je suis confuse à trouver des équivalents français.
Fin du disclaimer.

Je l’ai annoncé à certains d’entre vous, parfois avec une pointe de gêne et d’appréhension quant à la réaction. Je me rends compte qu’il y a deux manières d’aborder la chose (ou trois, si la troisième manière est le savant mélange des deux) : soit d’une manière complètement introspective, soit d’une manière mystique, spirituelle et chelou. Ici je n’aborderai que la première option, je ne suis pas encore tout à fait à l’aise avec la deuxième option.

Néanmoins, parce que la terminologie n’existe que pour la deuxième option, je suis obligée d’introduire le contexte avec les mots qu’on met dessus : éveil spirituel. Voilà ce qui m’arrive, voilà ce qui est en train de me tomber dessus.
Je pourrais vous présenter la chose comme je l’ai déjà fait : une psychanalyse accélérée de ces 28, presque 29 dernières années, comme ça, tout seule dans mon coin, enfermée dans une maison avec une autre présence humaine un peu le matin et un peu le soir. Lorsque j’ai parlé de retraite spirituelle, on m’a demandé où et avec qui je faisais ça. En me plaçant du point de vue de l’interlocuteur, ça fait totalement sens. C’est peut-être moi qui n’est pas les mots les plus accurate (sorry buddies). Je fais ça toute seule de mon coin, je poursuis ce que j’ai toujours fait, ce que je fais depuis toujours : l’introspection. Ce n’est qu’une partie. Mais c’est la partie la plus prépondérante.

D’un ton détaché et parce que je trouve que c’est une formulation tellement dramatique qu’elle me fait rire : mon ego est en train de se dissoudre et mourir. Voilà ce qui m’arrive. Voilà ce que je traverse depuis plus d’un mois. Une putain de montagne russe émotionnelle où je passe certaines journées à pleurer de joie et dire merci, d’autres moments je suis tellement effondrée que je n’arrive même plus à pleurer. Maintenant j’ai même plus de larmes je reste zen mais j’suis essoré[e]. Bisous à tous mes stup lapins. D’autre fois je suis traversée par des moments de félicité où je ne suis plus que paix, amour et bienveillance (jesus fuck après avoir passé toutes ces années à haïr les hippies). D’autre fois je suis en train de complètement errer chez moi ou à l’intérieur de moi. À d’autres moments je sais que tout va bien, que je suis en sécurité, et que tout va bien se passer. Parce que désormais, c’est évident. Tandis que d’autre fois, je ne sais plus du tout qui je suis et mes repères disparaissent les uns après les autres. Terrifiant pour quelqu’un qui a besoin d’un cadre. Et parfois, je vis toutes ces étapes dans la même journée.
C’est épuisant, c’est intense mais oh combien libérateur. Progressivement, toutes les couches vont disparaître. La peur du rejet et de l’abandon. L’obsession d’avoir l’approbation et la validation des autres. Le besoin de tout contrôler, d’être parfaite. L’insécurité permanente, l’état d’urgence intérieur éternel. Tout ça va disparaître à un moment donné mais pour l’instant, c’est en train de remonter.
Voilà pourquoi je passe des journées seules avec moi-même, enfermée dans une maison loin des énergies, du bruit et des distractions de la ville.

Mooshka et Marie sont progressivement en train de disparaître pour laisser la place à Marieshka. Le choix de ce pseudonyme est à la fois complètement évident et totalement incertain, en partie parce que je n’ai pas la moindre idée de comment ça se prononce (insère ici l’emoji qui pleure de rire et/ou l’emoji qui pleure des litres de larmes). En fait, c’est pas bien grave pour la prononciation, les gens m’appelleront comme ils préféreront. Marieshka, c’est peut-être la toute dernière étiquette à laquelle je m’accroche. Mais j’ai besoin de cette étiquette pour faire la transition.

La première occurrence de Marieshka remonte au 3 juillet 2017.
Et quelque part entre Marie et Mooshka, Marieshka éclot
Ça a pris du temps. Mais quelque chose était bien en train d’éclore. Il a juste fallu beaucoup de temps pour lui donner plus de consistance, la modeler, la nourrir et l’aider à se construire.

Celles et ceux d’entre vous qui me suivent depuis plus de dix ans connaissent toutes les étiquettes et tous les pseudonymes par lesquels je suis passée. Cette question d’identité me travaille depuis tout ce temps. J’ai toujours revendiqué un droit et un besoin aux étiquettes parce que celles-ci me rassuraient, parce que je vivais dans un sentiment d’insécurité permanent et un état d’urgence intérieur éternel. Tout ceci est en train de se dissoudre. Je suis littéralement en train de mourir et cette mort n’est pas une fin mais une transformation.
La Tour — Détruire l’ancien pour céder la place au nouveau
La Mort — Transformation et changement
À tous les amateurs du Héro au 1000 Visages et autres Joseph Campbelleries, essayez donc le Tarot de Marseille ♡

Il y a deux mois, peut-être trois, j’ai affirmé que je ne voulais plus être gentille, que j’en avais marre d’être gentille. Je pensais faire fausse route mais je me rends compte qu’il y avait un fond de vérité là-dedans. J’ai toujours été gentille. Vous le savez. C’est un fait. Et cette forme de gentillesse est en train de mourir. Parce que c’était la gentillesse d’une personne fragile, faible et bousculée.
Mais au fin fond de cette gentillesse fragile, je suis en train d’en déterrer une autre, et celle-ci est authentique.
C’est la gentillesse qui s’est manifestée envers toutes les personnes qui ont croisé mon chemin un jour, y compris et encore plus vers toutes les personnes qui m’ont brutalisé d’une manière ou d’une autre. Et même lorsque ces personnes ont été les plus odieuses et malmenantes envers moi, il y avait cette gentillesse intérieur rempli de bienveillance et de tendresse. Je sais pourquoi vous avez été des monstres envers moi. Parce que vous étiez, et êtes sans doute encore, plus fragiles que moi. Et même à vous, les méchants, les odieux, les tyrans, tout ce que j’ai envie de vous dire c’est que vous n’êtes pas des monstres. Je sais qu’il y a des belles personnes au fin fond de votre intérieur.
Ce n’est pas du masochisme. Je ne suis pas Jésus ou whatever martyr. Même si je peux envisager que ce soit interprété de la sorte.

La réponse à toutes les questions du monde est self love + self care.

Ça fait des années, ça fait une vie entière que je vous vois déambuler avec votre mal-être, vous traitez avec grossièreté et indélicatesse, que je devine vos mécanismes de défense, que j’écoute vos petits tracas et grands tourments. Et c’est à peu près à ce moment-là que mon authentique gentillesse, celle qui est forte, stable et solide entre en jeu. Mais ça fait appel aux notions et à l’option dont je ne parlerai pas ici aujourd’hui.

Tout ceci n’est qu’un début. Il se trouve juste que tout est plus clair, limpide et évident maintenant.
C’est une époque de grands changements à venir. Mais après tout ce temps à errer et me tromper de route, je suis arrivée sur le bon chemin.

Cet article dénote un peu des autres. Rarement je m’exprime aussi directement envers vous. Il n’est pas à exclure que des changements arrivent ici dans les prochaines semaines, prochains mois, peut-être même prochaines années.

Je crois que je viens de terminer une étape. Je rentre doucement dans une nouvelle étape. Il me semblait à la fois nécessaire de documenter la conclusion et peut-être éventuellement considérer ce post comme un « avertissement » (je ne trouve pas de mot équivalent avec une connotation positive).

Autumn is coming (parce que l’automne c’est ma saison préférée et que je ne résiste jamais à une conclusion dramatique et théâtrale).

Namaste, bitches.

(Gardez bien en tête ces deux mots, il y a un écho et un grondement terrible qui résonnent en moi. C’est sans doute vers là que je me dirige)