Petites histoires du vendredi soir

Je m’apprêtais à publier quelques trucs en vrac, pour vider ma tête de tout ça. Il est 2h du matin passé. Je n’ai pas envie de dormir. Vers 22h, je me suis dit : Okay, je vais passer la nuit à faire des maquettes de dépliants commerciaux, cartes de visite et autres bandeaux Twitter. Je vais le faire parce que j’ai envie de le faire maintenant et pas attendre lundi. Je ne veux pas attendre lundi. Je veux passer mon week-end à préparer des planches d’inspiration, dessiner à la main la page d’accueil d’un site Internet, imaginer des dièses et tout un tas d’autres trucs.

Aujourd’hui, quelqu’un m’a dit : « Je vais prendre un peu de temps pour m’investir dans ce truc parce que c’est important pour toi ». Et je voulais ressortir ça pour m’en souvenir.
Pour me souvenir du lieu, de l’heure, de la circonstance et du contexte.

Je voulais parler de l’intimité d’un dialogue via une interface.
La semaine dernière j’ai voulu écrire sur la résilience. Et cette semaine, j’ai eu envie de publier tout un tas de choses. Sur l’ambition, sur d’autres choses.
Tous les jours j’ai eu envie de me connecter ici pour écrire un article.

J’aimerais parler de ma semaine. De toutes les réflexions qui me sont passées par la tête. Toutes les discussions et échanges qui ont été enrichissants, stimulants. En quelques jours, je suis passée par toutes les palettes des sentiments humains. J’ai été en colère. J’ai été inquiète. J’ai eu peur. J’ai été heureuse. Je me suis sentie pleine de confiance. J’ai été inspirée. J’ai pressenti quelque chose, et le jour d’après j’ai tiré une conclusion totalement différente.

Je voudrais écrire. Je voudrais dire des choses. Et je continue ma réflexion ce soir, ici même.
Réflexion à voix haute par le biais d’un clavier.

 

Malaise. Alors que je me connectais et découvrais mon tableau de bord, quelque chose m’a rappelé que nous sommes sur Internet et que ceci est un espace public. Je ne communique pas avec ceux qui passent par ici, je communique avec le monde entier.
C’est quelque chose qui m’a toujours effrayé, je me suis toujours un peu censurée à cause de cette tendance à vouloir me cacher.
Finalement, les gens qui sont ici sont bienveillants. Il m’a fallu du temps pour en arriver là. Je commençais à y arriver, vraiment. Depuis quelques temps, j’arrive à être exactement la même personne quel que soit mon interlocuteur. Je suis entière parce que je me cache de moins en moins. Parce qu’il n’y a pas de décalage. Parce que je suis partout la même. Mais je me rends compte que j’en dis déjà trop.

Je ne me sens plus à la maison ici. Je me sens délogée.
Il faut que je réfléchisse à ça.
Mon instinct de survie a poussé le big red button « mot de passe ». J’ai passé en revue toutes les personnes qui viennent ici pour me lire. Un mot de passe, ça pourrait être la réponse.
Mais à bien y réfléchir, ce n’est pas très cohérent. Alors que je ne cesse de répéter que l’information doit être libre, je ne peux pas mettre de mots de passe sur mes propres publications. Je ne peux pas me mettre un verrou ici alors que je suis justement en train de dépasser cette barrière.

Puis j’ai pensé adresse IP. Filtrer ? Rediriger ? C’est encore pire. Parce que c’est encore plus sournois et insidieux que mettre un mot de passe. Mettre en indésirable ? Ça se rapproche beaucoup trop de la censure à mon goût.

Puis je me suis rendue compte que ces deux solutions étaient bien trop confortables pour moi. Et immédiatement, j’ai cherché la solution qui ne serait pas confortable.
No pain, no gain.
Je parlerai de tout ça un jour.

La solution qui n’est pas confortable, c’est de ne rien changer. Oui, je suis sur Internet. Oui, j’écris au monde entier.
La solution qui n’est pas confortable, c’est d’assumer. Oui, je suis sur Internet. Il fallait bien que je rencontre un jour les contreparties qui m’inquiétaient il y a encore peu.

Puisque tout allait bien jusqu’à présent, il fallait bien quelque chose pour me barrer la route. Qu’à cela ne tienne. Je vais contourner l’obstacle et apprendre quelque chose de nouveau.

 

Et je repense à d’autres choses qu’on m’a dit aujourd’hui. Pense à toi. Fais ce que tu dois faire. Et fais le pour toi, pas pour les autres. Hacke le système et retourne-le à ton avantage. Transforme une difficulté en une opportunité.

Je me sens délogée présentement. Qu’à cela ne tienne, je vais rentrer à la maison, être à la maison, et tant pis pour ceux qui observent tout ça derrière la fenêtre.

 

Je vais reprendre le fort dès ce soir. Et quoi de mieux qu’un gif avec Andy Samberg pour illustrer tout ça ?

Booyah.

toolegittoquit