Petites histoires du mois de novembre, édition 2014

J’avais pré-rédigé mon mois d’octobre. Puis sont arrivés les to do, les festivals, les mails à envoyer, les gens à rencontrer.

Ça tombe bien, quelque chose ne me plait pas dans la forme des « En vrac ». Ne serait-ce que intitulé.
Il y a quelque chose de mécanique, quelque chose qui manque.
Je poursuis donc l’expérimentation de ces articles mensuels.

J’ai acheté des vinyles. Un tas de vinyles. Ça a commencé un samedi soir, innocemment. J’ai acheté deux vinyles au hasard, dans une salle sombre à la lumière tamisée. Un musicien rencontré la veille. Un groupe dont le nom n’a cessé de me revenir aux oreilles. J’ai acheté des vinyles au hasard, et ça m’a bien plu. Pour moi qui répond toujours : Désolée, je n’écoute que de la musique électronique. Des trucs que mes copains appellent de la musique d’ascenseur. Acheter ces vinyles au hasard m’a fait réfléchir. Et si j’étais capable d’écouter autre chose ? Qu’est-ce qu’il se passerait ?
Mon approche de la musique est aléatoire, désordonnée. Je ne connais pas mes classiques. J’accumule en ligne, hors ligne, sur mon ordinateur, dans mon iPod pour finalement n’écouter que la même chose. Je ne suis pas non plus au courant de ce qui crée de la hype en ce moment. Je ne m’intéresse pas aux actualités. Je ne sais pas comment dénommer les gens que j’écoute. Des musiciens ? Des DJ ? Des producteurs ?
Toutes les semaines, je me dis qu’il me faut lire plus régulièrement des magasines sur la techno. Feuilleter le magasine, lire des extraits, repérer des noms et continuer à accumuler, accumuler, accumuler.
Ce que je ne fais jamais.

On m’a prêté des livres sur la typographie, le graphisme et le design. Alors que j’y réfléchissais il y a encore peu de temps, je viens de trouver ma réponse. Mon obsession du moment, c’est celle là : la création graphique.
Et je m’interroge beaucoup sur l’activisme, sur l’hacktivisme.
Je sens que quelque chose est en train de s’éloigner. J’avais peur, dès le début, que ce ne soit qu’une obsession. Mais ça a tellement tout changé que je me rassurais en me disant que non, le libre n’était pas juste une obsession comme une autre.
Et pourtant. Quelque chose s’est cassé. Quelque chose n’est plus là.

J’ai rencontré un paquet de gens. Parlé à la radio. Échangé avec beaucoup d’inconnus. Pris la parole sur une estrade, un micro dans la main. Ma zone de confort a été tellement ébranlé en un an que j’ai cru que je ne m’en remettrais pas. Mais je commence tout juste à voir un progrès énorme.
Je peux interagir avec des inconnus. Je peux parler publiquement en ne laissant rien transparaitre de ma gêne et de mon incommodité.
Je suis toujours décidée à ne pas vouloir devenir une personne publique. Mais je sais que je peux endosser de temps en temps le rôle de porte parole.

Ce que je retiens du mois de novembre :
Des liens très forts qui commencent à se nouer • Des cailloux • Le grand retour de la frange droite • Les feuilles mortes le long des rives du marché de Bon Repos • Mon sac en tissu « J’aime les sacs écrits en allemand » • Le morceau Hyperion (Synthapella) de Stephan Bodzin x Marc Romboy • Les paquets de Vogue que je commence à accumuler et qui deviennent une habitude • La blague Pourquoi il n’y a pas cheval au Japon ? Parce qu’il y a des japonais ! que j’ai mis deux semaines à comprendre.