mardi 9 décembre 2008

En ce moment?

Tellement peu de choses, et probablement beaucoup de choses à dire. J’imagine, je suppose.
Je tourne en rond tous les jours dans cet appartement tantôt trop étriqué, tantôt trop grand.
Je n’ai même plus l’excuse d’écrire puisque je suis prises par tellement d’autres questionnements stupides et sans intérêt.
Je suis partie dans l’idée de rembourser mes bourses puisque j’ai déserté les amphis et les classes. Je n’aurai même pas adressé la parole à mon admirateur secret. J’ai juste réussi à attraper un prénom au vol :)
Je cherche donc un boulot, postulant par ci, par là. J’ai rarement des refus, puisque j’ai très peu de réponse. Je n’ai pas de permis, pas de Bac + quelque chose, bientôt plus le statut d’étudiant. Ce qui veut dire que d’ici janvier, si je n’ai rien trouvé je finis à McDo. Et inutile de préciser que l’idée ne m’enchante pas vraiment.

Voilà. Je reste tourner en rond à culpabiliser du mieux que je peux. Parce que j’ai sans doute mis la barre trop haut en arrivant. Ecrire tous les jours, aller en cours, manger bien et pas des pâtes à tous les repas. Ne pas dépenser trop d’argent. Sourire aux gens que je ne connais pas.

Je ne sais plus trop faire la différence entre la normalité et le reste. Ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Je m’étais promise d’être rigoureuse. Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir fait une chute spectaculaire. J’ai trop peur d’essayer de me reprendre parce que je sais que je suis incapable de tenir.

Je me disperse du mieux que je peux. Je vis n’importe comment. Je ne sais plus si j’appartiens au jour ou la nuit. Un rien me fatigue, me décourage. Je n’ai pas touché au roman depuis bien une semaine. Je ne sais plus trop où je vais. J’ai peur de décevoir tout le monde et je n’ai personne à qui en parler.

L’époque du lycée me semble être à un millénaire de ça. J’ai toujours voulu mon indépendance, mes responsabilités, grandir plus vite et plus vite que tout le monde. Et maintenant, je suis incapable de me regarder en face parce que j’ai complètement échoué. Je ne peux pas m’empêcher de dilapider mon argent petit à petit. Je n’ai jamais su bien me servir de l’argent. Chez nous, on a toujours vécu au dessus de nos moyen.
Je suis affolée des sommes que je peux dépenser en l’espace de 5 jours.

Je suis encore à me demander ce que je vais faire l’année prochaine. Je suis démotivée par toute étude existante. Partie comme je suis, si je survis avec quelques boulots, je continue comme ça l’année prochaine. Et je n’obtiendrai jamais de Bac+

Je ne sais plus si je dois pleurer ou rire. Je ne sais plus faire la différence entre ce qui est grave et ce qui ne l’est pas. Ce qu’il faut faire ou ce qu’il ne faut pas faire. Je ne me fais plus confiance. Je ne cherche plus à prendre aucune décision par moi-même.

Avant, je m’enfermais dans l’écriture, aujourd’hui, je ne sais plus. J’écris mon roman à l’envers, dans le mauvais ordre, tout est confus et je n’atteins même pas 50 pages.
Je ne sais plus si je dois dormir ou écrire, me pousser à bout pour voir jusqu’où je peux aller.
Je suis persuadée qu’entourée, je pourrais m’enfiler quelques nuits blanches d’affilée.

Je ne sais pas à qui parler et qui ne pas parler. J’ai ma petite idée, mais on me dit que quatre ans, c’est beaucoup. Je ne sais pas si j’ai peur d’embêter ou de ne pas être écoutée.
Je n’ai jamais su trouver les bons amis. Les deux derniers à qui j’ai cru pouvoir parler ont changé de sujet. Alors j’ai tout gardé, et je garde tout, attendant le moment où ça finira plus ou moins par exploser.

J’ai toujours été en décalage avec les autres. Au collège, j’étais « le point noir au bout de la cour ». J’étais un peu comme transparente. Tout le monde regardait la fille à côté de moi. Je tombais toujours amoureuse du meilleur ami. Le premier jour du lycée, on m’a regardé. Deux personnes différentes. Quelques temps, on ne regardait plus la fille à côté de moi. Ca n’a pas duré longtemps, mais ça m’a redonné confiance. Je tombais toujours amoureuse du meilleur ami de l’amoureux. J’ai eu mon premier amant à 16 ans. Et pareil : je ne sais pas si je dois en être fière ou en avoir honte. J’ai appris beaucoup de cette période. La première fois, j’ai fait le mauvais choix. La seconde fois, on a fait le bon choix à ma place.
J’ai toujours été en décalage avec les autres. Avant, je m’enfermais dans la musique. J’avais l’impression que les paroles des groupes que j’écoutais avaient été écrites pour moi. Après, j’ai trouvé l’écriture. Trouvé le moyen de transposer tout ce que je n’arrivais pas à dire. Depuis, je suis muette. Je fais difficilement confiance aux personnages de ma vie. Je fais plus confiance aux personnages de mes romans.
Aux environs de 9-10 ans, je me suis rendue compte que je ne voulais pas être actrice mais écrivain. J’ai écrit mon premier roman à 11-12 ans et je ne l’ai jamais terminé. Un de mes personnages s’appelait Ben Fenouil. C’est à peu près tout ce dont je me souviens puisque la progression scénaristique était assez chaotique. Comme je changeais souvent d’amoureux, je changeais souvent de personnages :)

A cet instant précis, je me demande encore ce que je dois faire. Couper court à cet article et aller raisonnablement me coucher ou bien prendre la nuit pour écrire.

J’imagine que je déciderai le temps d’une cigarette…