Et si la survie passait par les mots ?

Miron x Les Amours Imaginaires

Faire le chemin du retour. Le même que tous les jours. Se tromper dans le chemin.

Avoir entendu juste avant de partir une chanson. Vieux relents de chagrins insolubles.  Se perdre dans ses pensées.

Plusieurs fois, régulièrement, le chemin du retour. Et les mots. Les mots qui arrivent. Les mots qui veulent rentrer.La porte qui est fermée.

Aujourd’hui, se demander, en se trompant dans le chemin du retour : Et si la survie passait par les mots ?
Faut-il voir quelque chose dans le choix de prénoms ? Moka est-il un prénom vraiment neutre ? Dorian est-il un prénom vraiment neutre ?
Je ne peux pas répondre à mes propres questions. Je ne sais pas s’il faut voir des signes là où il n’y en a peut-être pas.

Cette chanson, comme un écho fantomatique qui traîne dans ma tête. Et tout s’accélère.
Faut-il remixer les deux histoires ? Qui sont vraiment Moka et Dorian ? Pourquoi cette histoire de robot, encore ?

Deux articles qui se ressemblent en peu de temps, alors que je n’écris plus ce genre de choses ici.
Quelqu’un qui me ressort des profils de personnalité. Outil puissant que j’avais épinglé, un jour, dans des onglets qui ont disparu.
Faut-il y voir un signe ? Les mots sont-ils en train de défoncer la porte pour pouvoir déferler ?
Et si la survie passait par les mots, vraiment ?

Fouiller les bas fonds d’Internet. Fouiller des anciennes identités. Des anciens pseudos. Des anciennes vies.
La bande-originale des mots n’a jamais été complète. Il y en dispersée par ci, par là.

Il me faut une bande-originale. Oui, ça c’est sûr.
Mais faut-il à nouveau des murs entiers de post-it ? Me faut-il des moodboards ? Ais-je besoin d’un carnet ? De toujours trimbaler sur moi un traitement de texte ? Faut-il revoir les films de Dolan ? Relire mes premiers Doctorow ? Faut-il que je rencontre Joseph Campbell ? Faut-il renouer avec John Truby ?
À peine l’idée lancée, tout est déjà compliqué.

Des détails techniques. Se voir, physiquement, sur un salon IRC, mon casque vissé à mes oreilles, taper sur mon clavier : « Parle-moi des réseaux Mesh. » Les détails techniques ont déjà été un problème alors que je recommence les mêmes erreurs.
À peine l’idée lancée, il me faut déjà tout simplifier.

Mais si je faisais simplement, comme avant ? Suis-je vraiment capable de faire simplement alors que j’en ai trop lu, trop vu, trop su ?
À qui faut-il le dire ? À cette personne qui ne voulait pas entendre parler de science-fiction ? À cette personne qui m’a introduit aux théories de la dramaturgie ? Serais-je capable d’ouvrir la porte à ces personnes ? Ais-je vraiment besoin d’eux ? Est-ce que ce n’est pas encore, une fois de plus, tout compliquer ?

Écrire un long mail en pleurant. Ouvrir la porte. Ne dire que la moitié de ce que j’aurais voulu dire. Se forcer à dire des choses alors que je voudrais en dire un tas d’autres. Mais dire des choses, se souvenir à quel point c’est important. Se souvenir à quel point les mots sont importants.

Blood, sweat and tears.
Ces mêmes mots qui résonnent dans ma tête depuis quelques jours.

Comment faire simple ? Qu’est-ce que je vais écrire ? Me faut-il un plan ? Me faut-il des personnages vraiment bien décrit ? Faut-il que je change les prénoms parce que ceux que je veux, je n’ai pas réussi à les écrire.
Faut-il écrire sur cette machine ? Parce que quitte à rester dans la symbolique, dans les signes, écrire cette histoire et la terminer, qu’est-ce que ça veut dire ? Faut-il écrire sur autres choses ? Sur ces réseaux indépendants qui, déjà, posaient un problème technique ? Faut-il remixer les deux ? Partir sur quelque chose de complètement différent ? Mais pour dire quoi ? Faut-il que ça porte une réflexion sur les technos ? Faut-il que ça porte une réflexion sur quelque chose ? Ais-je vraiment envie de ça ? Mais de quoi ais-je vraiment envie ? Est-ce que c’est juste une histoire de survie ?

Si ce n’est qu’une histoire de survie, il me faut juste ouvrir un nouveau document. Écrire des mots et voir ce qui arrive ensuite. Il faut que j’arrive à dépasser le complexe de ne rien finir. Il faut qu’il n’y ait aucun enjeu.
Me faut-il alors une histoire qui ne sera racontée qu’à une seule personne ? Une histoire qui ne sera racontée à personne d’autre que moi ? Une histoire qui sera racontée au monde entier ?

Je n’ai jamais expérimenté la survie par les mots.
Et maintenant que je suis prête à appuyer sur le bouton « Publier », je ne sais pas s’il vaut mieux que je me censure parce qu’on est sur Internet, ou s’il faut que je continue à ouvrir la porte un peu plus parce qu’on est sur Internet.