Des nouvelles du front, version microédition.

Attendons nouvelles depuis hier soir 20:51 mais rien ne vient. Basculement doux et progressif vers la désillusion. Suzanne a refait surface ce soir. Suzanne qui n’aura jamais eu son thermos de café et ses croissants très tôt le matin en regardant le port de commerce se réveiller. Te souviens-tu, Suzanne ? Toi à qui on a menti tous les jours. Et tu attendais, tu attendais, tu attendais. Puis tu as fini par comprendre. Prochain message. Question. Demander pourquoi destinataire ne dit rien. Changement de température intérieure tous les jours. Invincible le mardi. Naïve le jeudi. Mercredi, lecteur fidèle. Mercredi, affirmatif. Jeudi, silence radio. N’allons plus attendre avec impatience de vérifier au petit matin si le bouton bleu clignote. Guillaume Erner au réveil. Marie/Mooshka ne sait pas ce que le destinataire doit en penser. Basculement total des certitudes. Cause : remise en question perpétuelle de tout. Aveu non confessé, compartiment non mis en place. Inventaire de choses à faire dans les prochaines semaines : Rone à La Carène, Cabaret au Quartz. Moment le plus attendu du mois de décembre : suite des Animaux Fantastiques au cinéma. Avançons gentiment vers le cul-de-sac. Regrettons ce terme. Sens unique aurait été plus approprié. Lundi soir, avons écouté Claro Intellecto. Nous sommes souvenus d’un tweet probablement non publié. Ne pas laisser traîner son baladeur dans les oreilles du grand méchant loup. Mercredi de la semaine dernière : Petit Chat. Mercredi soir de cette semaine, RM : J’ai envie de pleurer mais même ça je n’y arrive pas. Non corrélé avec le destinataire. Pop Hip : Maintenant j’ai même plus de larme, je reste zen, mais j’suis essoré. Jeudi matin : Tu as des nouvelles ? Jeudi soir : Invite-le à boire une bière. Weirdo avec ton crush à barbe, j’ai pensé si fort à toi. Toi seule peut comprendre qu’il est impensable d’inviter quiconque à aller boire une bière quand on a le cœur qui bat à en faire un arrêt cardiaque même si on prend la fuite alors qu’on a une vie intérieure si riche. Programme du week-end : aller pleurer dans le magasin à livres. Pour essayer d’éclaircir, mettre un mot, un nom, un concept sur la forme des échanges. Et parce qu’on a souvent en tête d’aller là-bas quand a la tête à pleurer. Petites stratégies à mettre en place pour se sortir du marasme. Mois de novembre, je te hais. C’était exactement pareil il y a 12 mois. Solitude extrême et douloureuse. Ce n’est même plus une histoire de faire des soupes à deux le dimanche. Et pourtant, qu’est-ce que c’était génial de pouvoir dire à quelqu’un des choses aussi ordinaires. Peut-être que tout ça est déjà trop loin même si ça n’a duré que trois jours et que ça s’est arrêté hier. Même si ce n’est peut-être pas le cas. En réalité personne ne sait. Le destinataire le sait-il lui-même ? Mais pendant trois jours on se sera sentie en vie et ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. N’avons aucun intérêt pour ce qui vient d’être écrit. Ce format n’aurait pas dû arriver ici. Affirmation à l’intention des lecteurs et de la rédactrice : ce n’est même plus une question de documentation à ce niveau là. Sommes vide et grise dedans, rien à faire. Non corrélé avec le destinataire. Beaucoup de gris avant, pendant et sûrement après. Le destinataire ajoute simplement une nouvelle couche de gris. Algorithme Spotify. Écoutions également Moderat quand tout a changé et qu’il y a eu une reconfiguration dans la scène principale entre les protagonistes en question. Actuellement tellement triste qu’il n’y a plus rien à dire. Avons horreur de ce genre de publications. Tournons en rond. Cherchons stratégies pour tuer le temps. Affirmation à l’intention du destinataire et de la rédactrice : Allons attendre encore un peu avant de remballer et porter une nouvelle tenue de deuil. Continuerons à marcher seule au Jardin Botanique, à fréquenter seule au cinéma le dimanche en fin de journée. Vibration du téléphone. Fraction de seconde avec plein de morceaux d’espoir. Toujours pas de nouvelles. Les larmes, enfin. Mois de novembre je te hais, avec ou sans destinataire. Affirmation à l’intention de Marie/Mooshka : Tu es tellement forte même si tu es toute seule. Affirmation à l’intention des lecteurs : Il faut juste attendre que ça passe. Et ça fait également partie de la documentation. Nouveau morceau de Moderat. Les larmes sont déjà sèches. Mois de décembre, il est temps que tu arrives.

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