« Dans la théorie de la communication, nombre qui mesure l’incertitude de la nature d’un message donné à partir de celui qui le précède. »

[Edit du 12/07/15]
Sur un presque coup de tête que je fomente depuis quelques jours déjà, je décide de publier tous les articles en brouillon qui s’entassent depuis des années dans mon WordPress.
Ils sont donc publiés bruts, tels quels et non relus. Certains n’ont pas été publiés parce que je n’ai jamais pris le temps de les finir, d’autres n’ont pas été publiés parce que j’ai voulu faire les choses trop bien et que le perfectionnisme, c’est le mal.

[Edit de l’edit]
Quelques-uns ne seront jamais publiés parce que je viens de me rendre compte que je les ai supprimé…

[Edit de l’edit de l’edit]
C’est en partie parce que je n’ai pas publié cet article il y a quelques jours que j’ai décidé de me lancer dans une grande purge de mes brouillons.

 

Je me suis précipitée en rentrant de sortir mon ordinateur de mon cartable. Ne pas rallumer mon téléphone. Ne pas lancer mes mails. Il n’y a rien au monde que je ne désire plus en cet instant présent que retrouver mon éditeur WordPress. Il n’y a rien au monde que je ne désire plus en cet instant présent que de retrouver ce petit bout d’Internet, mon petit bout d’Internet.
Peu importe ce que je fais en faire. Peu importe ce que je mets dessus. Ceci est ma zone autonome permanente. Je pense à cette vidéo envoyée dans un lien que j’ai retrouvé dans les fin fonds des Internets. Je pense à la notion de petit bout d’espace dans les tuyaux. Ce petit bout d’espace qui n’appartient qu’à moi. Et je n’ai jamais vraiment mesuré l’importance de ce petit bout d’Internet parce que trop de fois j’ai voulu en faire quelque chose. Trop de fois j’ai voulu définir ce petit bout d’Internet, mon petit bout d’Internet, au lieu de l’expérimenter, au lieu de le vivre, au lieu d’en faire quelque chose.

Les choses sont biaisées maintenant que je suis lue. Mais c’est justement maintenant qu’il faut que je m’approprie cet endroit. C’est justement maintenant qu’il faut que je m’approprie moi-même.
Jamais Internet n’aura eu autant d’importance pour moi. Cet endroit que je définissais de manière politique, puis romantique (le romantisme en tant que mouvement culturel) puis émotionnelle, je suis en train de le vivre. Je suis en train de découvrir les gens derrière les tuyaux. Mais c’est déjà une méta-référence que personne d’autre au monde ne pourra comprendre.

J’ai déjà perdu les mots que je voulais employer parce que j’ai pensé trop vite. Parce que la réflexion est allée trop vite. Je ne veux pas rallumer mon téléphone. Je ne veux pas consulter mes mails. Je ne veux pas voir de nouvelles notifications. Je veux être ici et maintenant.
J’ai déjà perdu les mots que je voulais employer. Je pense à tous les mots que j’ai écrit cette semaine et que je n’ai pas encore publié. Je pense à tous les mots qui sont quelque part sur mon disque dur. Je pense à tous les mots que j’ai formulé dans un coin de ma tête. Je pense à tous les mots que j’ai reçu. Qu’on a prononcé à mon égard.

Je n’ai pas envie de consulter mes notifications mais je sais que j’ai déjà perdu le fil de ce que je voulais dire. Je pense à tous les mails qui se sont entassées dans ma boite de réception et je ne veux pas les lire maintenant parce que je veux rester dans l’éditeur de WordPress, mais que j’ai déjà perdu le fil de ce que je voulais dire.

Je veux juste dormir parce que je suis épuisée. Et je ne veux pas dormir parce que j’ai pris l’habitude, pendant trop longtemps, de passer des nuits mon bureau face à la gare, quelqu’un sur mon canapé, à écrire des quantités de mots.
Je pensais en avoir fini avec ça. Et pourtant, voilà quelques jours que je repense à écrire la nuit. L’épuisement appelle aux mots. Et pourtant, je suis incapable d’aligner plus de trois mots.