2018, année du deuil

2018, tu touches bientôt à ta fin et il est temps pour moi de tourner la page.
2018, tu as été une année douloureuse et difficile. Je n’ai jamais autant pleuré qu’à tes côtés. Avec toi 2018, j’ai pleuré dans la rue, chez des gens, sous la pluie, le matin au réveil, face à la mer, entourée d’encres de sérigraphie, dans un cabinet vétérinaire, le soir avant de m’endormir, de l’autre côté de l’Atlantique, au supermarché, dans des soirées, au Jardin Botanique et même sur un tapis de course.

2018, tu étais l’année où tout devait bien se passer et où rien ne s’est passé comme prévu.

Tu as été une année de deuil. Le deuil d’une vie amoureuse, d’une vie à deux. Le deuil d’une vie collective qui s’est arrêtée brutalement. Avec toi 2018, j’ai dû faire le deuil de relations amicales. J’ai dit au revoir à des copains et des copines. Avec toi 2018, j’ai dû faire le deuil de mon chat, de mon petit amour.

J’ai perdu pied. Progressivement. J’ai expérimenté toutes les étapes du deuil à tes côtés. Je me suis noyée dans la tristesse, m’enlisant dans un chagrin quotidien. J’ai sombré dans la colère, faisant face à des hurlements intérieurs que j’ai rendu silencieux pour le reste du monde. J’ai connu la culpabilité, j’ai affronté les chocs les uns après les autres.

2018, avec toi, je me suis progressivement coupé du monde et je me suis isolée. Tu es l’année où j’ai à nouveau été vulnérable et défectueuse. J’ai été seule à tes côtés, 2018. Et cette solitude, elle m’a grignoté, elle m’a dévoré de l’intérieur. Et j’ai cru que c’était ça, le bilan de cette année avec toi. Je me suis battue contre une solitude amicale dont je ne voulais pas mais que j’ai fini par provoquer. Je me suis battue contre une solitude amoureuse dont je ne voulais pas et qu’on m’a imposé.

Je me suis perdue en chemin parce qu’il y a eu trop de deuils à mener en parallèle. Je me suis perdue en chemin parce qu’à nouveau, il a fallu survivre. Il a fallu survivre au quotidien, aux autres, aux contrariétés, aux désillusions. 2018, tu as été un état d’urgence intérieur permanent. Et j’ai cru que tout s’était effondré. Parce que je me suis perdue en chemin et il a fallu qu’on me le rappelle. Il a fallu que ce soit quelqu’un d’autre qui m’aide à m’en souvenir.

2018, tu es l’année où j’ai fait preuve de résilience comme jamais. 2018, tu m’as rappelé que j’étais forte. À tes côtés, j’ai fini par me souvenir que peu importe ce qui se passerait, j’arriverai à m’en sortir. Parce que je m’en suis sortie par le passé. Et je m’en suis sortie cette année.

2019, on va bientôt se rencontrer et les choses se synchronisent parfaitement. Parce que j’arrive à la fin de mon travail de deuil. Et bientôt, l’état d’urgence intérieur ne sera plus permanent. C’est ça aussi, que j’ai oublié. Que le deuil est un moment de transition. Et je viens d’arriver à l’étape de la reconstruction. Je suis en train de me réorganiser. Et je suis prête à faire face à une solitude que j’arriverai à m’approprier et sur laquelle je pourrai me reconstruire progressivement.

2018, avec toi j’ai cru être déracinée. Mais c’est faux. Parce que mon enracinement, c’est toi Saint-Martin. Tu es mon pilier. Tu es mon refuge. Et j’ai passé les dernières semaines, le nez en l’air, à t’étudier et t’observer. À apprendre à t’aimer et te chérir encore plus. Et c’est avec toi que je veux vivre, Saint-Martin. C’est toi que je veux côtoyer tous les jours. Parce que tu es vivant, tu es organique, et avec toi je me sens en sécurité. Et il n’y a aucun autre endroit au monde où j’aimerais vivre. Et c’est sur toi que je m’appuierai pour continuer à construire ma vie, même si elle doit être seule. Je suis prête maintenant.

Lecteur assidu, même si tu n’arrives pas à me laisser partir, je ne peux plus m’accrocher à toi. Je ne peux plus me laisser grignoter par ta solitude. Et j’ai fait de mon mieux. J’ai fait tout ce que j’ai pu. Mais il est temps que moi, j’arrive à te laisser partir.

Je suis enfin prête. À accepter que mon projet de vie, c’est toute seule que je le construis. Et ma vie, elle sera remplie par un chat, par des chats et par les copains. Et ce sera très bien comme ça. Parce que c’était très bien comme ça. C’était plus simple, c’était moins douloureux.
Future vieille fille à chats j’étais lorsque tu as fait irruption dans ma vie. Et future vieille fille à chats j’aspire à nouveau à être. Et peut-être que mes dimanches seront tristes et gris. Mais je suis prête à les vivre comme ça. Je suis prête à vivre mes dimanches sans personne.

Et je vais sans doute refermer la porte quelques temps. Parce que je ne suis pas sûre d’avoir envie de la rouvrir pour qui que ce soit. C’est trop tôt.
J’ai besoin de me réunifier. J’ai besoin de me reconstruire. L’orage est en train de passer. Et maintenant, il faut que j’aille à la rencontre de la fille glaciale, de la femme glacée, de toutes ces têtes de méduse intérieures qui sont toutes petites et terrorisées. Parce que toutes ces têtes de méduse, il faut que je les console, que je les écoute et que je les aide à grandir.

L’heure est au conciliabule intérieur. Et non plus aux déchirements.

Les copains et les copines qui n’ont jamais rappelé, vous m’avez laissé partir. Vous m’avez laissé dériver toute seule. Mais ce n’est pas grave. Désormais je suis apaisée. J’ai cessé de vous en vouloir. C’est en partie de ma faute, parce que je n’ai pas réussi à appeler à l’aide. Mais je suis prête. Je suis prête à accepter, à nouveau, que vous avez votre vie vous aussi. Et je l’ai toujours su. C’est juste que c’était devenu trop difficile à accepter.

En 2019, on prendra soin les uns des autres. Parce que la désunion a primé en 2018. Et le mot d’ordre pour 2019 sera la solidarité.

Ponk La Sirène je n’ai pas été là pour toi en 2018 comme j’aurais voulu. Parce que toi tu as été là pour moi. Si je suis ta bonne surprise de cette année, sache que tu es aussi ma bonne surprise de cette année. Des fois je crois qu’en fait, c’est avec toi que c’est  » toi et moi contre le reste du monde « . Même si tu n’aimes pas beaucoup cette idée, il me semble.
Toi aussi tu es un pilier, à ta manière. Et le mieux que j’ai pu faire cette année, c’est te garder très loin de mon propre naufrage et faire en sorte que ça ne t’atteigne pas. On s’en sortira en 2019, et on s’en sortira, ensemble. Ni toi ni moi ne finirons dans un ravin.

Bro, mon petit sapin norvégien, je ne sais pas si tu me lis. Je n’ai jamais trop su si tu me lisais. Mais je n’ai jamais posé la question non plus. Bro, mon petit poto du ghetto, tu es ma force et parfois ma fierté. Souvent je t’ai admiré. Tu es l’amie que je n’aurais cru rencontrer. Tu es une des mes personnes préférées dans le monde entier. Et il me manque beaucoup de mots pour réussir à l’exprimer. Parce qu’on ne se le dit jamais. Mais on arrive à se le montrer. Je crois que la plus belle chose qui me soit arrivé cette année, c’est l’Autobiographie de Marie & Maeva.

Zboubinet, je sais que toi tu me lis. Toi aussi tu as été une de mes forces cette année. Avec toi je me suis sentie en sécurité. Et tu es la personne que je suis la plus triste de quitter cette année. Parce que tu es la personne avec qui j’aurais le plus aimé forger une amitié. Tu m’as apporté beaucoup même si tu ne t’en rends pas forcément compte, peut-être même pas du tout.

Mama K., tu es la personne qui m’a le plus apporté cette année. Tu es la personne qui m’a le plus soutenu, le plus écouté. Tu es la personne la plus généreuse qui ait croisé mon chemin. Et tu es la personne qui me redonne foi en l’être humain. J’ai pris un peu le large, j’ai cessé d’écrire et j’en suis désolée. Je pense à toi très souvent, je me demande souvent comme tu vas, si ça va. Et je ne prends pas le temps de le faire. Et j’en suis désolée, vraiment. Ce n’est pas l’intention qui manque pourtant. C’est juste que j’ai été embourbée dans trop de choses dernièrement.

Monsieur l’imposteur, vous êtes la personne avec qui je suis la plus impatiente de commencer 2019. On a traversé 2018, ensemble. Et je crois que finalement, c’est en 2018 qu’on s’est vraiment rencontré. On a plein de choses à faire en 2019 et il me tarde de m’y mettre. Si vous avez besoin d’un pilier, d’une oreille attentive, un seul mot de votre part et je déboule dans la minute.

King of the joie de vivre, patron de la technologie technique, sauveur de dernière minute, ta simple présence suffit à illuminer chacune des journées et des soirées qu’on passe ensemble. Je crois que tu es encore un copain mais j’espère qu’en 2019, on apprendra à devenir des amis. Et j’espère qu’en 2019, il y a aura de la place pour moi. Parce qu’on doit regarder plein de films ensemble et on a encore tout un tas de pizzas à découvrir.

Nini, tu es la personne qui me manque le plus mais je n’arrive pas à décrocher mon téléphone parce que trop de temps s’est écoulé. Et trop de distance s’est creusé entre nous. Nini, il y a eu beaucoup de choses que j’ai dû affronter cette année. Et j’espère que je pourrai te raconter tout ça en 2019.

Les copains, les copines, celles et ceux que je n’ai pas cité bien que le cœur y soit, cette année 2019 j’ai envie de la faire avec vous. J’ai envie de prendre plus de temps pour vous, avec vous. Parce que c’est avec vous que j’ai envie de faire ma vie. Et en 2019, j’aimerais apprendre à vous le dire un peu plus ou un peu mieux.

2019, je ne sais pas ce que ce sera que d’être à tes côtés. Je ne sais pas encore très bien comment je vais réussir à t’apprivoiser mais on va avoir plein de choses à faire toi et moi. À commencer par balayer les cendres de l’année passée. Et faire place nette pour du renouveau. 2019, année de la reconstruction. Il me tarde vraiment de te rencontrer et de découvrir à quoi tu vas ressembler.